BangBang : bangbangblog.com

La taupinière

Motel Galactic : science-fiction du terroir

Mélanie Jannard
20 avril 2011

On avait attendu un peu depuis les premiers albums. La jeune maison d’édition de bande dessinées Pow Pow publiait tout dernièrement son troisième titre :  Motel Galactic, signé Pierre Bouchard et Francis Desharnais.

C’est qu’après m’être réveillée (« Hey, peut-être qu’il a envoyé mon livre à mon adresse à Sherbrooke, me semble qu’il est sorti depuis le 8 »), que la BD se retrouvait enfin dans ma boîte aux lettres grise d’Hochelaga-Maisonneuve.

Bernard Werber rencontre Germaine Guèvremont

« Science-fiction du terroir ». Je n’invente rien, c’est la catégorie dans laquelle est classé cette dernière parution. Nos parents croyaient qu’en l’an 2000, les autos voleraient. Francis Desharnais, lui, scénarise le futur avec des femmes qui portent toutes la même taille de bonnets, et surtout, où tout est clone. D’Elvis Presley à Carl Marlotte, des grand’ villes aux petits villages.

À travers une satire de la science-fiction, on revient toujours au présent, qui constituera probablement les « beaux jours » d’une époque à venir. Un arrêt au Motel Galactic, c’est l’élément déclencheur : trouver un Survenant mystérieux qui sent le moisi, mais le bon moisi; le nôtre. Puis on décolle de plus belle. Mais une question me brûle encore les doigts : y avait-il une Bible, dans le tiroir?

Le talent derrière l’histoire

Aux crayons 3B, Pierre Bouchard s’en sort très bien, même si selon son confrère – qui a le délire facile – le  talent n’est que facultatif : on n’a qu’à penser, et l’image se transfère automatiquement dans une machine. Allons savoir. Sur ses 112 pages en bleu, blanc, noir où les phylactères sont rares, les dessins et la calligraphie brouillonne jamais divisés en vignettes m’ont rappelé un blogue que je feuillette à l’occasion. Beau et rafraîchissant, à l’image de tout ce qu’on attend d’une bande dessinée aujourd’hui.

L’influence de Lapointe est évidente[1] : « Ce serait trop cruel, que notre histoire s’arrête, d’une chambre de Motel, su’l bord d’la… » L’histoire ne s’arrête pas là, et à la facilité avec laquelle nos clones se multiplient (corrélative avec la vitesse à laquelle on lit le livre), notre histoire ne semble pas prête de même ralentir un peu. Les textes sont un étalage de fantasmes de petits gars, de « ce serait le fun » et d’« imagine si » qu’on reconnaît bien. Amusant. Et si la science-fiction du terroir ne s’enseigne pas au cégep dans quelques années, elle gardera le mérite d’avoir remis l’expression « soda! » sur la map.


[1] Pour les crédules, euh, c’est une blague. Je pense.

Pas encore de commentaire.

La taupinière

Remous terreux majoritairement littéraires.

RUBRIQUES

Blogoliste