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La taupinière

Épique : la bonne utilisation des mots

Mélanie Jannard
3 janvier 2011

Je n’ai pas fait de « top de l’année » sur mon blogue comme l’ont fait plusieurs de mes collègues pour diverses raisons qui n’intéressent personne, mais me reprendrai en annonçant que cet espace web devrait, si Dieu le veut, prendre une tournure plus « littéraire » (ou pop-littéraire, pour les vrais de vrais qui pourraient voir mes pseudo-critiques comme un blasphème devant leur profession) dans les prochains temps. Je ne garantis rien de bien exclusif ou qui soit sorti la veille, vous comprendrez, et vous présente d’ailleurs le top 1 du bouquin qui m’a le plus amusé au cours de la dernière année : Épique, de William S. Messier.

« Epic win », « epic fail », « la sauce à spag à ma mère est vraiment épique ». Un terme à la douchebag dont on a fait le tour plus souvent que celui de nos vieilles cassettes de Mario Bros. (Remarquez la comparaison épique.) C’est peut-être pourquoi j’ai mis tant de temps avant d’entamer ce roman, paru en août 2010. Ou alors pour la même raison qu’on garde mituculeusement un sucre d’orge emballé. On sait qu’après, il n’en reste rien.

Ce qu’il en reste

N’importe qui qui soit né quelque part dans les années 1980 se reconnaîtra à travers le récit, que ce soit pour ses références au Nintendo Power Glove, aux reprises des classiques quétaines par des rappeurs ou à Manuel Hurtubise. Un jeune homme qui passera son déluge d’été à ramasser les charognes en bordures de routes des Cantons-de-l’Est nous ramène non seulement des odeurs de raton morts sous le nez, mais aussi d’agréables souvenirs. Sans compter le nombre de mots qu’on cite à un ami avec l’envie de pouvoir dire « ah, fallait être là. »

« J’aurais dû lui demander ce qu’elle préférait entre voler et être invisible, en lui expliquant clairement les limites de chaque capacité. [...] Pour des raisons qu’il m’arrive de trouver absurdes, [elle] préférait être invisible. Personnellement, je ne crois pas qu’une fille comme elle devrait avoir le droit d’être invisible. » – W. S. Messier

Adj. Relatif à l’épopée

Ces univers confortables qu’a le don de créer William S. Messier font sans doute partie de ses grandes forces. C’était aussi le cas dans son recueil de nouvelles, Townships, paru il y a quelques temps chez Marchand de feuilles, le même éditeur. J’ai vu dans Épique quelques ressemblances avec Tarmac, estompant un peu ce facteur « il ne se passe pas grand-chose, on dirait » que nous avait – à mon avis fort habilement – livré Nicolas Dickner. Peut-être à cause de cette facette existentielle de jeunesse, des amours flous, d’une épopée plus ou moins banale mais si finement racontée. Chose certaine, Messier nous prouve que la littérature « jeune » de qualité, elle existe. Ainsi, je souhaite à tous et à toutes une nouvelle année tout à fait épique.

Épique a été été classé parmi les « 35 nouvelles voix qui secouent le roman québécois » selon le magazine L’acutalité.


5 commentaires
  • Marie-Pier
    3 janvier 2011

    Merci pour la suggestion. Peut-être sera-t-elle dans mon top 1 de 2011, qui sait? :)

  • [...] This post was mentioned on Twitter by Cindy Labranche. Cindy Labranche said: RT @melaniejannard: vous souhaite une année Épique : http://tinyurl.com/28ufefr [...]

  • Julie Ledoux
    4 janvier 2011

    J’ai bien hâte de lire d’autres critiques littéraires de La Taupe!

    Ça a l’air bien, ce petit bouquin, d’ailleurs.

    (L’actualité et non pas l’Acutalité. Je te le dis juste parce qu’il paraît que t’es perfectionniste selon notre boss!)

  • Éric Dumais
    5 janvier 2011

    Et la couverture est magnifique, wow! Merci pour la découverte :)

  • Mélanie Jannard
    7 janvier 2011

    Merci pour la correction Julie! (Haha, perfectionniste?)
    Et à tous pour les commentaires, c’est apprécié.

La taupinière

Remous terreux majoritairement littéraires.

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