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La taupinière

Éditions Pow Pow : sur une bonne lancée

Mélanie Jannard
23 novembre 2010

Je recevais, la semaine dernière, les deux premiers titre des éditions Pow Pow, dont j’avais annoncé la formation un peu plus tôt. La nouvelle maison d’édition de BD québécoise se mouille avec Apnée, par Zviane, ainsi qu’Yves, le roi de la cruise, scénarisée par Alexandre Simard et dessinée par Luc Bossé. J’ai eu la chance de discuter avec ce dernier.

C’est évident, la bande dessinée taille finalement sa place chez nous. Nos artistes préférés sont de plus en plus reconnus et les petits nouveaux explosent d’un peu partout. « L’offre ne répond pas à la demande ». C’est ce que prétend Luc Bossé, auteur et nouvel éditeur. C’est en partie pourquoi il déclenche Pow Pow, gardant en tête qu’ « il y a toujours moyen de faire sa place, peu importe le milieu. » Il fait bien.

Un défi à relever

« C’est la preuve! Le marché du livre survit! Hourra! » Malgré le succès tant soulignés des Salons et autres rassemblements littéraires, on peut dire que lancer une nouvelle maison d’édition en 2010 témoigne d’un certain… courage. Mais ça, Luc Bossé s’en moque un peu. Bien au-delà de l’argent qu’il espère faire un jour (!), il compte nous bâtir un « bon catalogue », chose qu’il voit comme l’objectif principal de sa nouvelle business. Pourquoi oser Pow Pow? «Le marché n’est pas saturé », qu’il dit.

La tendance est au beau livre, et Pow Pow ne fait pas exception à cette règle. La peinture de couleur est ajouté à la main sur chaque couverture, une par une. Luc explique : « La Bande dessinée est un objet souvent plus raffiné qu’un roman. » C’est sans doute ce qui peut expliquer, aussi, le prix parfois un peu plus élevé. La bande dessinée québécoise deviendrait alors plus qu’un livre; c’est une œuvre d’art en soi, carrément.

Deux premiers albums très différents

D’un côté, Zviane nous plonge – littéralement – dans un récit dont la poésie est superbe, quasi troublante. Apnée, c’est le fragment d’une vie, celui d’une jeune femme « ordinaire » frappée par la dépression. Né de la collaboration  de Luc avec Alexandre Simard, Yves, le roi de la cruise est, quant à lui, est un éternel malhabile en qui l’on reconnaîtra certainement un « ami ». Si la drague est loin d’être son domaine, il saura certainement nous faire rigoler en se repassant nos moments de déjà-vu, avec une trame sonore de Weezer aux Beach Boys. CD non-compris.

« Je suis content que ce soit très différent. Ça ne met pas une ligne très contraignante entre ce drame-là et l’humour. On a une grande palette, on va pouvoir jouer dedans. » Dans un marché où selon lui, l’offre ne répond pas à la demande, il fonce dans le tas. « Trouver les bons auteurs, je pense que c’est ce qui fera le succès de la maison d’édition. » On le souhaite.

Pas encore de commentaire.

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Remous terreux majoritairement littéraires.

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