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La taupinière

J’invente la piscine : remix audacieux

Mélanie Jannard
28 avril 2010

[Certains l’auront peut-être remarqué, ce n’est pas le festival de la mise à jour ici. Le temps d’une saison, je trompe cette coquette Sherbrooke avec la grand’ ville et ses banlieues que vous êtes déjà beaucoup à couvrir. Je songe alors à me rabattre sur ce monde obscur qu'on appelle la littérature avec un l minuscule. Fin de la parenthèse.]

Non, je ne parlerai pas de l’adaptation cinématographique Journal d’Aurélie Laflamme que je suis allée voir la semaine dernière. (Vous pouvez toutefois me contacter en privé pour mes commentaires personnels et tant qu’à en parler sur BangBang, la collaboration entre Omnikrom et Numéro#  Bouger bouger a sa place sur la trame sonore.) Mais je ne pouvais passer à côté de J’invente la piscine de Bertrand Laverdure, même deux mois trop tard.

Sans l’ombre du doute mon coup de cœur de l’hiver, J’invente la piscine met en scène Jérome Rebecca. Le journal intime et les poèmes avec en parallèle, le présent. D’abord l’enfant, amoureux de sa cousine surdouée, en froid inconditionnel avec sa mère muette. Puis le jeune adulte, un cinéaste en entrevue avec sa biographe. Sans jamais utiliser les termes qui suivent, l’auteur nous présente, avec sarcasme, un de ces clichés de petits pédants du mile-end qu’on se plait à détester. Inspiré par le hype ou parodie évidente?

Quelque chose de dolanesque

Quoi qu’il en soit, le roman de Bertrand Laverdure en est un qui surprend par sa qualité. Non pas que je sous-estimais l’auteur ou même La courte échelle (bien au contraire, je me tue à vouloir abolir cette vieille image un peu « stuck-up » que nous avons d’elle), mais le fait de classer une œuvre « 12 ans et + » pousse parfois à oublier comment un roman « intimiste » d’à peine 150 pages puisse être si riche. D’ailleurs, en aucun cas J’invente la piscine transpire l’adolescence; il aurait bien pu être publié pour les adultes. Amour interdit, rapport à la mère, malaise, phrases claques-dans-face et poésie qui pique les yeux ne vont pas sans comparaisons mentales avec L’avalée des avalées et J’ai tué ma mère. Auteur conscient ou non, Ducharme featuring Dolan reste un remix audacieux, mais qui le rend bien.

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La taupinière

Remous terreux majoritairement littéraires.

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