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La taupinière

Envol & Macadam: un billet de 30 $

Mélanie Jannard
14 septembre 2009

J’avais l’intention de savourer Chromeo et Tagada Jones (!) à l’ouverture du Festival Envol & Macadam (FEM), mais j’ai préféré peaufiner mon nouveau blogue sur Bang Bang. (Parenthèse, que vous voyez à quel type de taupe vous avez affaire : geek et instable. Bonjour, en passant!) J’ai quand même profité des deux autres journées pour y faire un tour.

Je pourrais vous dire que la bière était trop chère sous les bretelles des autoroutes, que les portiers étaient d’un désagréable phénoménal. « Alternatif » ou pas, un festival reste un festival. Dans l’optique « chialer pour chialer », je trouve bien dommage – quoi que compréhensible – que tout se passe en même temps. Au FEM, impossible d’être fan de punk et de pop rock à la fois; les shows ont lieu sur deux scènes différentes, simultanément. J’aurais voulu assister à Guttermouth, à Bad Religion et au Punk Rock Karaoke vendredi soir, mais mon côté jeune gazelle révoltée a penché pour The Sounds et compagnie.

 Apéro saveur indie

« Est-ce que vous aimez ça..? » demandait la chanteuse de I.NO à la foule, d’un ton insécure, quasi mignon. Il faut dire qu’elle se prélassait sur scène avec une élégance agréable, qui fait changement de l’attitude exubérante dans laquelle semblent avoir tendance s’enrouler les filles-dans-un-band-de-gars. Sur des airs à la Broken Social Scene, des solos de xylophone… inaudibles, le micro était fermé. (Technicien, quelqu’un?). « Alors vous allez être obligés d’acheter le CD! » concluait la chanteuse ayant repris confiance et avec raison, le quatuor originaire de Québec étant ma découverte coup de cœur de ce que j’ai pu voir du festival. S’en suit la formation montréalaise Winter Gloves, que je connaissais sommairement mais n’avais jamais eu la chance de voir live. J’aime beaucoup le style et j’ai décidément un faible pour ce genre band. Ce genre gars que tu écoeurais au secondaire qui te prouvent haut la main qu’ils sont plus hot que toi, maintenant.

The Sounds se pète les bretelles

Vêtue d’une veste Addidas et d’un micromicro-short noir, c’est fidèle à elle-même que Maja Ivarson est montée sur scène, au son d’un remix de Tony the Beat. Dans la foule, les gars (qui accompagnaient leurs blondes) se regardaient en bavant après chacun des mouvements salaces – voire vulgaires – de la chanteuse. Étant vendue d’avance, je ne pourrais dire que le spectacle m’a déplu, mais j’avouerai être restée plutôt froide devant leur performance à cheval entre le vedge et le too much. Moment mémorable : la jolie Suédoise chante une de mes pièces préférées, une vilaine cigarette pandouillante au bout des lèvres. Image se rapprochant davantage du Claude Poirier à Dans ma caméra que du James Dean dans Rebel Without a Cause

Pleine de préjugés, j’avais tendance à voir les enfants de Bob comme une espèce de famille Dion exotique. Finalement, j’ai bien apprécié le spectacle de Julian « le bouche-trou » Marley, qui était au FEM en remplacement de son frère Ziggy, blessé au genou. Puis, je suis retournée dans mon somptueux Limoilou, « traaaankil ».

Les pikniks au village

Maintenant que le hype commence à baisser à Montréal, les Pikniks Électroniks pouvaient bien se claquer la honte de faire halte en « régions » pour quelques après-midi… Je rigole. En arrivant là-bas, j’étais frustrée de m’être fait confisquer mon orange crush à l’entrée. Frustrée d’avoir choisi un jean alors que le soleil me tapait les cuisses. Puis j’ai aperçu Teki Latex, avec ses pantalons de velours vert sapin, et tout allait mieux. À trois heures, Le Matos s’attaquaient à leurs machines, toujours aussi « dedans » pour faire danser sur leurs compos folles (j’adore les titres) et leurs remixes bien choisis (étrange, une gang de gars qui lip sync par dessus Cœur de pirate). Puis, les mômes du cegep de Saint-Jérôme léguaient la scène à Ghislain Poirier et à Face-T (je fais le saut chaque fois que je me rappelle qu’il n’est pas black) et leurs sons soca tirés du nouvel album. Je n’ai rien de bien original à dire sur mon après-midi électro, on connaît l’ambiance des Pikniks de toute façon.

Curieusement, c’est en me disant j’avais payé trop cher pour ce week-end que j’ai remarqué les passes « média » de la majorité des gens sous le chapiteau. Des faces de Musique plus, de 33mag, de je-ne-sais-pas-où-mais-je-sais-que-je-t’ai-déjà-vu. Eux s’enrichissaient en dansant sur du gros beat alors que moi, je dois 30 $ à ma mère.

 thesounds

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La taupinière

Remous terreux majoritairement littéraires.

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