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La taupinière

Pseudo rude girl, wannabe journaliste

Mélanie Jannard
10 septembre 2009

L’attente m’était interminable avant le show des Johnstones, accoudée au bar de La Casbah. Je me suis souvenu que sortir seule dans une nouvelle ville impliquait un certain dépaysement puis, au moment de l’oublier à nouveau, me suis réfugiée en terrain connu : le tour bus des Conards à l’orange s’arrêtait à Québec le même soir.

« Ëtes-vous journaliste? » me demande à l’entracte un des gars de Reggae Dubline Corp., quatuor sympathique — visiblement inspiré par Sublime, rappelant parfois Green Day — qui assurait la première partie du concert. La question n’a pu que m’amuser, puis je me suis mise à penser à tout ce que j’aurais pu lui échanger contre un éloge dans le cahier week-end. De toute façon, je n’ai rien à reprocher au groupe qui  a réussi à faire skanker les plus braves, ce que The Johnstones n’auront pas pu ajouter à leurs exploits de rock stars ce soir-là…

On [ne] veut [pas toujours] des gars en chest

Je déteste les musiciens en bedaine. C’est plus fort que moi, les voir se donner un air pseudo comique de party animal à la « regardez, je suis on fire, je suis luisant » m’agresse et me désole. Non, votre torse dénudé :

1 – Ne me séduit pas;
2 – Ne me fait pas rire;
3 – Et je trouve vos tattoos fugly.

« T’es ben stuck up! » Voilà. Outre ce détail charnel,  je qualifierais, à la manière de Curieux Bégin, la prestation des Johnstones de « correcte, sans plus ». J’aime bien leur album et ça sonnait comme sur CD, mais n’est-ce pas ce qu’on essaie d’éviter en spectacle? Sans être mauvais, il manquait quelque chose. Eux n’ont certainement manqué de rien : leur amour des groupies fut comblé, les trois quarts de la salle étant peuplés de jeunes filles en fleur qui chantent à bouche déployée les paroles de leurs bad boys favoris. C’est évidemment « This is for all the laaaaadies! » qui a échaudé la place. Et vous devinerez que je suis restée distante devant tout ça, le tromboniste n’ayant jamais revêtu son t-shirt…

J’étais occupée à me demander laquelle des deux rousses posées sur une table était la mienne. « Take ‘em both! », de me répondre sensuellement le merch guy, celui-là même j’avais vu sortir du petit coin avec une demoiselle quelques minutes avant. Les conseils de ce vulgaire personnage m’important bien peu, j’ai avalé la plus pleine et j’ai quitté avant la fin de la dernière pièce.

Le détour

Minuit et vingt. Direction Le temps partiel, bar alternatif dans le quartier gai (oui oui) de Québec cité. Qui zigonnent autour d’une table de babyfoot, je reconnais les Conards sherbrookois. Ceux qui avaient donné un bon (paraît-il) show plus tôt en soirée se sont évidemment plu à ridiculiser mon « mauvais choix » que fut celui d’aller voir les Johnstones à leur place, affirmation que seul mon orgueil me poussait à contredire. Pour un bref résumé du reste, je vous invite à visiter leur MySpace et à écouter en exclusivité l’introduction du nouvel album, mais vous invite surtout au lancement de ce dernier où vous pourrez les voir performer avec Bonne journée!. L’événement a lieu au Petit campus, dans la grand’ ville, le samedi 19 septembre prochain. Du côté de la Reine des Cantons, c’est le 3 octobre au Téléphone rouge que ça se passe.  Soyez-y.

conards

 

 

 

8 commentaires
  • RochVoisine
    10 septembre 2009

    J’ai super hâte d’entendre le nouvel album des Conards.

    Génial le billet, mon amie! Un vent de fraicheur sur Bang bang. (Ouais je sais, je suis pas DU TOUT impartiale)

  • André de Sorel
    10 septembre 2009

    Non, non, t’as raison… pis j’suis pseudo impartial. Good job! À la hauteur des attentes pis tout!

  • Mélanie Jannard
    11 septembre 2009

    Pseudo impartial? Les gens vont s’imaginer des choses, là. On sait ce que c’est.

  • Mike B
    12 septembre 2009

    Ayant grandi à Québec et ayant vécu quelques années dans le supposé quartier gay de Québec, j’en demeure pas moins sceptique devant le sérieux du supposé surnom.

    S’il suffit d’y avoir deux bars gays pour qu’un quartier contenant au minimum une dizaine de bars pour devenir gay… ben coudonc!

    Est-ce le haut quota d’artistes/journalistes/autres genses de la culture qui s’installent dans St-Jean-Baptiste alors qui augmentent le ratio de gay/hétéro?

    Toutes façons, on sait que ces résidents-là portent tous le foulard été comme hiver pis que ça peut avoir l’air gay et dans ce cas, peut-être est-ce plutôt dû à une illusion d’optique.

    Je crois bien que je n’en dormirai pas encore cette nuit…

    Bienvenue dans le bangbang, tout de même, la taupe.

  • Mélanie Jannard
    12 septembre 2009

    Eh bien, comme t’as pu lire en haut, je ne viens pas du tout de Québec. J’arrive ici, j’explore un peu, je ne connais rien, on me dit des choses et je les répète.

    Don’t be so rude!

  • Mike B
    12 septembre 2009

    Oh je sais! Je ne te blâmais pas du tout. Au contraire. J’étalais simplement ma curiosité face à ce surnom qui circule de temps en temps.

    Parce qu’il circule peu, quand même. Je pense l’avoir entendu pour la première fois lorsque que ça faisait déjà deux ans que je restais dans le quartier.

  • Mike Savard
    13 septembre 2009

    Le quartier gai de Québec, ça doit être un couple de gais qui se sont poigné un 4 1/2 dans le coin du Temps Partiel pis Paf! On a un quartier gai…comme dans les grandes villes!

  • Mélanie Jannard
    13 septembre 2009

    Bon, bon. J’arrive tout juste et je fais scandale!

La taupinière

Remous terreux majoritairement littéraires.

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